Deux ans après la loi de filiation Taubira, la disparition de la civilisation chrétienne s’accélère.

 

«  C’est une réforme de civilisation » se félicitait Christiane Taubira lors de l’annonce en novembre 2012 du « mariage pour tous ». En fait il s’agit de la loi de changement de la filiation humaine homme-femme via l’ouverture du mariage procréatif aux couples homosexuels. Qui n’en demandaient pas tant.

Deux ans après son vote, malgré un mouvement d’opposition historique émergé le 13 janvier 2013, méprisé puis pulvérisé par le Pouvoir dès avril 2013,  la loi Taubira apparaît bien être la pierre angulaire de ce que la Garde des Sceaux annonçait : le tournant de la civilisation humaine, via la disparition programmée de la civilisation chrétienne en France. Devant une réalité que tous les médias tentent de maquiller en progrès incontournable, ce sont l’héritage, la pensée et l’action chrétiens qui sont évincés par les pouvoirs. Les chrétiens doivent se réveiller à nouveau massivement, comme le 13 janvier 2013, s’ils ne veulent pas disparaître définitivement sous une avalanche post-éthique dont la loi de basculement de la filiation est le sésame.

Car si les chrétiens ne se bougent pas, après les meurtres des ultras-laïcs  de Charlie Hebdo et pendant le génocide des Chrétiens d’Orient, ce sont des attentats contre les chrétiens, protecteurs des juifs et les musulmans de France, qui en signeront la terrible réalité : la réplique tellurique au basculement dans la trans-humanité.

Mais n’ayons pas peur, jamais, car l’espérance subsiste : outre notre foi inébranlable en Dieu parce qu’Il s’est fait homme, depuis l’entre-deux manifs, le nouveau pape, François l’Argentin, du sommet de l’Eglise nous appelle à la paix et à la miséricorde, d’un bout à l’autre de la famille chrétienne planétaire et française;   et pendant ce temps commencé dans l’unité de 2012, à la base citoyenne de la France, l’Avenir pour Tous met tout en œuvre, à son minuscule niveau, pour faire advenir, par le dialogue et le rassemblement, ce message chrétien de salut de l’Humain, et de sa civilisation bi-millénaire. C’est un engagement poléthique de chaque jour depuis le début du Mouvement des Consciences : d’abord massivement de 2012 à mai 2013 à la tête de la Manif pour Tous, et depuis la scission, humblement hors medias et institutions, mais en liaison de corps et d’esprit avec Tous Chrétiens d’Orient, les martyrs  de l’extermination djihadiste. IL s’agit désormais de la conjurer aussi en France.

Si la loi Taubira a  justement reconnu la réalité de l’homosexualité, ce que les Chrétiens auraient du demander depuis longtemps aux gouvernements de droite comme de gauche, elle lui a attribué une faculté de procréation non-biologique qui a fait basculer le fondement chrétien de la personne humaine, fondamentalement gratuite et hors marché. Cette conception est défendue par toutes les religions mais institutionnalisée en France et dans le monde  par la pensée chrétienne. Aussi, en ouvrant le mariage civil, institution-socle française, totalement copiée par  Napoléon 1er sur le mariage chrétien fondé sur la procréation biologique homme-femme libre et gratuite, en l’ouvrant, donc, aux personnes de même sexe qui ne peuvent procréer biologiquement entre elles, la loi Taubira abolit du même coup l’universalité  de la filiation biologique, la sexuation d’où elle procède, et le modèle micro-politique de la famille, le modèle macropolitique étant la nation. En abolissant la trinité familiale et nationale, la loi pose le principe d’une procréation marchande hors corps et hors frontière, ce qui est le contraire exact du principe chrétien par lequel la vie étant supérieure à toute chose, la dignité de la personne humaine est indentifiée, inviolable et sacrée. Et hors de tout commerce. Ceci a fondé notre droit national depuis la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, le code Napoléon et la DDH de 1948,  et le droit international notamment dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme en son article 3 (DUDH). Dès lors que la loi Taubira transgresse le principe de vie biologique, non pas par la reconnaissance de l’orientation homosexuelle par nature non procréatrice, mais par l’attribution légale d’une filiation hors biologie, donc marchande, à des couples homosexuels, tous les autres aspects de la vie humaine sont aujourd’hui touchés, sans que plus personne, les chrétiens les premiers, n’ose le contester. Car ce bouleversement s’est fait sans la volonté des Français, ni même celle de la majorité des homos.

C’est pourquoi depuis le 17 mai 2013, la dégradation de la personne Humaine au sens chrétien est continue. Par une cascade de mesures passées sans aucune résistance citoyenne, elle est livrée au marché :  de la recherche sur l’embryon (16 juillet 2013)  à la reconnaissance solennelle du droit fondamental à l’IVG,  précédemment débarrassée de la notion de détresse (4 août 2014), avec affirmation réitérée du droit universel à disposer librement de son corps (26 novembre 2014) en passant par la loi de Santé qui permet à l’Etat de disposer des organes après le décès (14 avril 2014), sans parler des mesures de laïcité contre les préjugés sexistes (22 janvier 2015) et la réforme du collège qui  transforme le latin et le grec de matière optionnelle à enseignement pratique fourre-tout (le grec, la langue des premiers chrétiens avec l’araméen, le latin la langue de l’Eglise catholique) et supprime l’enseignement du christianisme médiéval.

Surtout, la jurisprudence la plus récente a confirmé la supériorité de la loi d’adoption filiative hors biologie créant une filiation unique entre deux personnes non procréatrices ensemble. Ainsi la jurisprudence ne s’oppose pas au recours à la PMA et à la GPA à l’étranger (Cour Appel, Aix et Versailles, 8 et 14 avril 2015).

Toutes ces mesures étant entrées en vigueur sans que personne ne s’en émeuve, Eglise comprise, cela en dit long sur l’état actuel de l’opposition chrétienne à sa propre disparition : non seulement elle n’a rien empêché depuis l’explosion du mouvement des Consciences le 26 mai 2013 à Paris,  mais les deux ans qui viennent de s’écouler, avec la disparition de toute pensée et parole modérée portée par le seul Avenir pour Tous rayée des médias, ou par quelques francs-tireurs eux aussi black-listés, ont laissé monter une radicalité « abrogationniste » qui, par le mécanisme de  la réduction de la base électorale, via l’extrêmisation médiatique du sujet de l’Humain cantonné par la pensée magique  au seul FN, ce mécanisme, donc, joue le rôle d’accélérateur de la mise sur le marché de l’Humain, de ses gamètes à ses organes en passant par son indissociable personne.

Le prochain vote de la loi de Renseignements, qui veut empêcher toute organisation citoyenne chrétienne d’opposition à cette politique de dégradation-radicalisation-FNisation, finira de verrouiller le basculement de la civilisation chrétienne de défense pacifique de la vie non marchande, une fois qu’il sera vraiment mis en place.

Pourtant les signaux d’alerte sont plus qu’alarmants pour nous appeler à un réveil des Chrétiens en France : après celui de Charlie-hebdo, l’attentat déjoué par hasard ce week end , pour la première fois en France, contre une Eglise catholique, n’est que les prémisses de l’importation du massacre des Chrétiens d’Orient par les terroristes islamistes. Mais aujourd’hui, l’opinion publique et l’action chrétienne reste focalisées, – et loin de moi la moindre condamnation –, après l’oubli des morts  Charlie Hebdo – ce que je condamne en pleurant –, sur les seuls massacres des Chrétiens d’Orient : cette action indispensable, mais ô combien faible face à la violence de Daesh qui ne peut être anéantie que par une action militaire des nations coordonnées, ne doit pas nous détourner du questionnement fondamental de ce que nous avons à faire, ici et maintenant,  pour nous chrétiens d’Occident et de France.

De la même façon,  la crise larvée sur la nomination d’un ambassadeur entre l’Elysée et le Vatican, entre le chef de l’Eglise catholique et le chef de la Gauche libertaire, opposition fondamentale à la pensée chrétienne sur la personne humaine par négation de la sacralité de la vie, (cf. ci-dessus), est une réalité du conflit qui se joue sur le basculement de civilisation chrétienne.  Ce basculement est particulièrement criant entre les deux François, François Hollande et François le Pape, et révèle s’il en était encore besoin, par l’exploitation médiatique malsaine de l’orientation homosexuelle d’un diplomate de haute volée, la même crispation sur l’homosexualité de la part de certains catholiques que celle qui accélère, par la demande d’abrogation de la loi Taubira, le basculement de civilisation. Le jeu cynique de François Hollande en la matière, s’appuyant sur cette pénible réalité de l’intransigeance de certains catholiques, doit cesser de leurrer l’opinion.

Oui, le point de basculement de la civilisation chrétienne et humaine fondée sur la dignité de la personne humaine est bien l’homosexualité,  niée par certains catholiques intransigeants comme portée en modèle d’humanité nouvelle par les libéraux libertaires, le tout pour  satisfaire les appétits financiers de tous en ouvrant le marché de la reproduction humaine. L’instrumentalisation dont en sont victimes les homosexuels est la négation même de la dignité humaine et disqualifie les catholiques comme les tenants de la gauche égalitariste, qui en fait les exploitent ainsi, et n’égalisent rien d’autre que leur maintien au pouvoir.

Aussi tout notre soutien va au diplomate français Laurent Stéfanini et au pape François  dans cette polémique lancée par la gauche (Le Canard enchaîné) et montée en épingle par la minorité de conservateurs catholiques de certains medias français, hostile à la politique de miséricorde du pape François. Car cela contribue à mettre le seul défenseur planétaire de la dignité intégrale de la personne humaine, orientation homosexuelle comprise, le pape François, dans une situation périlleuse sur cette question-charnière instrumentalisée par tous les ultras devant l’opinion publique.  Coincer le pape François entre son aile droite et l’espérance qu’il suscite, à quelques mois d’un synode qui permettrait de sortir de ce conflit mortifère sur la mauvaise compréhension qu’ont certains catholiques intransigeants de l’homosexualité, est là aussi un accélérateur du basculement de la civilisation chrétienne.

Et la qualité d’un ambassadeur de France au Vatican, d’où l’homosexualité est loin d’être absente mais se préserve discrètement derrière une règle d’airain obsolète, ne se mesure en rien  à son orientation sexuelle.

Tout cela en dit long  sur le fait que, par leurs querelles internes, leur blocage sur des sujets qui devraient être depuis longtemps dépassés, et pour la plus grande masse, par leur désengagement citoyen, ce sont les chrétiens eux-mêmes  les responsables du basculement de notre civilisation.

Car non, les homosexuels de l’Avenir pour Tous, d’Homovox et de d’Egalité d’expression en sont la preuve vivante, l’homosexualité ne remet pas en cause l’indissolubilité et l’unité du mariage, dès lors que la seule filiation homme-femme est universellement préservée.

Aujourd’hui tout appelle les Chrétiens, en particulier les catholiques qui suivent l’Avenir pour Tous, à continuer la résistance pacifique et médiatique engagée en 2012- 2013. Par l’unicité de  l’Incarnation de leur religion, ils sont les premiers responsables de la vie et de l’humain. Par leur foi en Dieu venu se faire homme pour sauver tous les hommes, ils doivent remonter en première ligne pour entraîner la société à se rassembler sur l’essentiel de sa nature humaine, afin de préserver sa dignité première, en se  tournant sur le plus faible (l’enfant) autant que sur le différent (l’homosexuel).

C’est l’action minimale pour réaffirmer les principes imprescriptibles de l’ordonnancement bimillénaire de l’Humanité.

An ce temps pascal, face à l’actualité nationale et internationale, notre conscience, et même Manuel Valls, nous montrent le chemin : comme nous y invite le Premier ministre, remplissons à nouveau nos Eglises pour contrer le terrorisme islamiste. C’est la meilleur point de départ où il nous sera rappeler de restaurer la suprématie de l’Humain, dans toutes ses conditions, sur le Marché et la Guerre. C’est donc bien le meilleur moyen pour lutter contre notre propre disparition.

Oui, M. Le Premier ministre, c’est bien devant l’Eucharistie que les Chrétiens doivent se convertir pour répondre à leur responsabilité historique dans la société. Ainsi ils agiront de façon à ne pas enfreindre le principe de laïcité posé par Jésus lui-même (et par Najat Vallaud-Belkacem).

Ainsi ils pourront à nouveau former la juste et pacifique opposition chrétienne  à la disparition programmée de l’Humain et de notre civilisation engloutie par le Marché, et liquidée par le terrorisme islamiste, qui se nourrit de sa disparition.

Si le  Premier ministre qui,  depuis la loi Taubira, met en œuvre cette disparition  nous y invite aujourd’hui, écoutons-le !  En diffusant le programme d’actions de L’Avenir pour Tous dès maintenant, nous serons prêts à réformer la loi Taubira en 2017.

Alors, amis Chrétiens et sympathisants, après la messe, rejoignez  l’Avenir pour Tous et Tous Chrétiens d’Orient !

 

Virginie Tellenne (Frigide Barjot)

ex-leader de la Manif pour Tous (17 nov. 2012-26 mai 2013)

présidente de l’Avenir pour Tous (depuis le 26 mai 2013)



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